Écosse 2017

En route vers l'ouest

En route vers l'ouest

C’est aujourd’hui que le road-trip commence réellement. À partir de maintenant, on changera d’hébergement tous les soirs. Notre première étape nous emmène à Fort William avec quelques arrêts de prévus et d'autres qui seront de vraies découvertes.
Ce matin, on part tranquillement de l’hôtel parce qu’on sait que la météo ne s’améliore qu’en début d’après-midi. On a donc le temps d’aller faire les courses au magasin Asda. On achète de grandes bouteilles d’eau à garder dans la voiture, notre repas de midi et quelques barres de céréales. Impossible par contre de trouver du saucisson sec ! Comment est-ce possible ?!
Certains chariots sont plus petits, en tout cas moins profonds. C’est une bonne idée car c’est juste la bonne taille pour quelques bricoles sans avoir à se plier en deux pour attraper ce qu’il y a au fond du chariot. On est surpris de voir que toutes les caisses sont automatiques. Il nous faudra quand même l’aide d’une caissière pour réussir cette étape…

Une fois tout rangé, et le protocole de la voiture fait (câbles, carte, appareil photo…), on prend la direction de l’autoroute pour rejoindre Loch Katrine et le Trossachs Pier.

En chemin, on remarque que la séparation sur l’autoroute n’est pas très épaisse : une simple petite barrière en bois, ce n’est pas très rassurant. Peut-être est-ce temporaire le temps qu’ils refassent les glissières. Sur les côtés, c’est pareil : il n'y a qu'une mince protection.
On sort de l’autoroute pour prendre des petites routes qui nous plaisent bien. Elles serpentent dans le paysage, montent et descendent. Stéphane prend vite plaisir à conduire la Mercedes ici : "Elle est super la route !".

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On arrive au parking du Trossachs Pier, à l’extrémité du Loch Katrine vers 12h30. Il y a pas mal de voitures mais on voit peu de monde. Ils sont sûrement sur le bateau qui effectue les croisières sur le lac. Pour nous les horaires ne collaient pas. 10h30 était trop tôt et 13h30 était trop tard. Dommage, l’aller en bateau et le retour avec les vélos de location nous auraient bien plu. On commence donc à marcher en regardant l’heure : le parking est payant et il faut faire attention de revenir avant qu’on atteigne la durée limite. On a une quarantaine de minutes devant nous avant de devoir faire demi-tour. Il ne pleut plus mais le temps est toujours gris. De gros nuages sont accrochés aux montagnes et nous en cachent le sommet.

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Entre ce lac et ces gros nuages bas, on a une impression d’étouffement, comme si on était pris entre les deux, écrasés petit à petit… Quelques vélos nous dépassent, des Français d’ailleurs, ainsi qu’une ou deux voitures. Le chemin autour du lac est en fait une route praticable et ouverte à quelques voitures, il faut donc faire attention. On bifurque en empruntant un petit sentier pour se rapprocher de l’eau avant de retrouver le chemin principal. C’est là qu’on fera demi-tour.

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On commence notre chemin retour puis en se retournant pour prendre une photo, on remarque ce blanc au fond… Le bout du lac a vraiment l’air d’être pris dans les nuages. Mais est-ce vraiment des nuages ? Ça nous rattrape dangereusement et on comprend que c’est en fait une grosse averse. Appareil photo dans le sac, housse sur le sac, capuche… Inutile de dire qu’on se fait rincer. Une bonne douche écossaise !
En revenant au parking, on voit la différence entre les touristes (nous…) et les locaux : un Écossais qui revenait de promenade en vélo prend son temps, tranquillement, pour tout ranger en arrivant à la voiture, comme s’il ne réalisait pas qu’il pleut averse ! Nous, on se dépêche de se mettre à l’abris dans la voiture.

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On attend plusieurs minutes, le temps de regarder la carte. Il est encore "tôt". On peut peut-être faire un détour par rapport au programme prévu. On reprend la route, toujours sous la pluie. Les routes sont géniales, elles serpentes délicatement… Un régal. Elles sont parfois un peu étroites. Pour ceux qui n’ont pas l’habitude, effectivement ça peut paraître long; pas pour nous.
On sait que la météo dans la vallée de Glencoe ne s'améliorera que courant d’après-midi. En regardant la carte (papier !), on choisit de faire un détour : on décide de faire le tour de Loch Earn. On emprunte alors notre première route à une seule voie et les fameux Passing Places. Certains endroits en Écosse ne sont pas assez larges pour faire une double voies. Ils laissent donc une route d’une seule voie avec des renfoncements de temps à autre pour se mettre de côté, le temps que l’autre voiture passe. Il n’y a pas de panneaux pour signaler la priorité, ça se fait grâce au bon sens des gens. La coutume veut qu’on fasse un appel de phare pour indiquer à la voiture d’en face qu’on va se garer pour la laisser passer.

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Plus de peur que de mal ! Tout se passe bien, les gens qu’on croise sont courtois et s’arrêtent pour nous laisser passer ou en les voyant suffisamment à l’avance, on fait de même. Ça se passe sans problème. Il faut dire qu’il y a beaucoup plus de passing places qu’on ne pensait. En arrivant au bout du lac, le soleil pointe enfin le bout de son nez entre deux nuages. D’un coup, tout change ! Le bleu, le vert… offrent tout de suite une nouvelle vision. Bien plus agréable !

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La météo s’améliore, il est temps de se diriger vers la vallée de Glencoe, un des endroits que j’attends avec impatience. Après avoir fait le tour du lac, on continue donc vers l’ouest. Les paysages changent, on prend de la hauteur. Les routes sont toujours aussi belles, parfois plus larges. On traverse une forêt, puis d’un coup un nouveau paysage s’ouvre devant nous quand les sapins s’effacent ! On commence à voir un paysage plus rude que ce qu’on a pu voir jusqu’à maintenant et des montagnes plus hautes.

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Après Tyndrum, on commence à s’arrêter à tous les parkings. La route va être longue ! Le jeu de cache-cache entre le soleil et les nuages créent une danse d’ombres et de lumières sur les montagnes. C’est magnifique. Les pentes sont raides, les fleurs jaunes ajoutent de la couleur… La vue sur Beinn Dorain est splendide.

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Le vent souffle fort quand on sort de la voiture au Loch Tulla Viewpoint, mais le paysage est époustouflant avec une vue sur Loch Tulla et les montagnes environnantes. Il fait 8°C, et le mercure oscille entre 13 et 14°C pendant la journée aux autres endroits (et les jours suivants). C’est parfait pour nous qui n'aimons pas les grosses chaleurs. J’envoie une photo du panorama à mon père, lui qui aime les endroits au calme, hors des villes. Sa réponse me fait encore sourire : "la densité de population a l’air pas mal". Effectivement et ça sera encore mieux après !

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On est surpris par la qualité de la route. Le macadam est comme neuf, c’est très agréable. Cinq kilomètres plus loin, au hasard d’un virage, on se retrouve sur une sorte de plateau. La surprise est énorme, je ne m’attendais pas à un tel endroit même en ayant préparé le parcours. Et Stéphane non plus. Nous sommes à Loch Ba Viewpoint.
On se gare le long de la route pour prendre un peu de hauteur sur un monticule. La vue à 360° est vraiment ahurissante. D’un côté, le grand soleil éclaire une étendue traversée par le Loch Ba, quelques arbres longent la rivière. En se retournant, une étendue sombre devance des sommets bruts surplombés par de gros nuages noirs. Black Mount porte bien son nom. De temps en temps, un rayon de soleil arrive à traverser les nuages et éclaire une partie des montagnes ou de la plaine. On se croirait sur une autre planète. Ce côté-ci nous fait penser à l’Islande. Pour les photos, les conditions sont parfaites pour avoir une atmosphère bien particulière. Le paysage est saisissant et de toute beauté ! On reste un long moment à cet endroit pour contempler l’environnement qui nous entoure. À 360°, la seule trace humaine est la route goudronnée : sentiment étrange mais plaisant.

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On finit par continuer notre chemin, sinon on risque de ne jamais arriver à destination ! Mais en même temps, je resterais bien ici, très longtemps… Inutile de dire qu’on teste tous les parkings après ça. Après quelques kilomètres, un long virage à gauche nous emmène sur une ligne droite qui laisse place à la vallée de Glencoe. Au loin, les montagnes parmi les plus connues d’Écosse sont là. Un côté de la vallée est plongé dans les nuages tandis que l’autre est éclairé par le soleil. Le Buachaille Etive Mòr est de plus en plus impressionnant alors qu’on s’en approche. Après s’être arrêtés sur un des parkings qui longe la vallée, je descends vers un petit ruisseau pour quelques photos. Nous sommes à peine entrés dans la vallée et je pourrais déjà y rester toute la journée.

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Une petite maison est là, seule, devant cette immense montagne. C’est la Lagangarbh hut, un refuge appartenant à la National Trust for Scotland. Vingt personnes peuvent y dormir, avec tous les aménagements, même l’électricité ! J’ai trouvé ma maison…

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Je descends vers la rivière qui est très photogénique. Le sol est humide, c’est de la tourbe. Je suis bien contente d’avoir mes chaussures hautes. Je m’enfonce à chaque pas mais ça vaut le coup. Je n’ai plus envie de partir. En regardant vers la gauche (est), l’étendue est incroyable. Cette maison, seule présence humaine, donne une idée de l’échelle.

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Partout où l’on regarde, on en prend plein les yeux. Cette vallée est magnifique. Elle nous fait penser aux vallées des Alpes, uniquement accessibles après des heures de marches : les montagnes sont nues, sans arbres, il n’y a que de l’herbe et des rochers. En tout cas niveau photos, je m’éclate. Les possibilités sont infinies. Cette montagne est fantastique : pointue d’un côté, déchirée à flanc de falaise de l’autre… Je pourrais rester une semaine sans m’ennuyer. Les randonnées dans les environs doivent être superbes également. Ce sera pour une autre fois ! Ce road-trip prend vite la forme d’un premier aperçu qu’il faudra approfondir lors d’un (ou de plusieurs…) séjours. Oui, vous l’avez compris, on est déjà conquis !

On continue la route avant un énième arrêt, cette fois pour une cascade, avant que la route ne commence à descendre vers Loch Achtriochtan. Il n’y a que très peu d’arbres autour de ce lac, preuve s’il en faut encore que c’est un paysage rude. Les couleurs sont magnifiques. Il est environ 18h30 et le soleil ne se couche qu’à 21h45 mais étant à une latitude proche du sud de la Norvège, le soleil met plus de temps à descendre. Résultats : les couleurs dorées qu’on retrouve avant le coucher de soleil durent plus longtemps.

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Avec déjà plein d’images dans la tête, et sur la carte mémoire de l’appareil photo…, on sort de la vallée pour se rapprocher de Loch Linnhe et de Fort William où on loge ce soir. On s’arrête à un petit parc le long de Loch Linnhe. Un van est garé là, sûrement pour passer la nuit. Il a même un petit panneau solaire pour l’électricité. Ça me donne bien envie !

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On prend possession de notre chambre au Cruachan Hotel, le long du lac, avant de ressortir pour manger. J’avais noté le restaurant The Tavern qui a très bonne réputation. Un couple de français est justement en train de partir. On attend qu’un employé vienne nous voir pour nous placer mais il nous explique qu’il n’a pas de disponibilité avant au moins une demi-heure. On continue notre recherche sur High St. Crofter Bar est complet pour ce soir. Stéphane dit qu’il goûterait bien une spécialité locale. On a vu un couple de personnes âgées se balader avec des boites cartonnées. Direction le Macari's pour un Fish & Chips à emporter. Je prends pour ma part un Macaroni & Chips.
On les mange sur un banc le long de l’eau. Une mouette se pose sur le lampadaire, au-dessus de nous. On décide de changer de banc… On n’a pas besoin d’assaisonnement ! Moi qui ne suis pas friande de poisson, je goûte chez Stéphane. Effectivement, il est délicieux et fond dans la bouche.
Après ce repas avalé en vitesse à cause du vent froid qui se lève alors que le soleil se couche, direction l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil avant de se diriger vers l’Île de Skye. Mais avec ce plancher qui grince, on espère que nos voisins du dessus vont vite se coucher !