Écosse 2017

Note d'histoire et ville côtière

Note d'histoire et ville côtière

Ce matin, direction l’aéroport de Bâle-Mulhouse, partagé entre la Suisse et la France, pour le départ de notre voyage en Écosse. Ce n'est pas l'aéroport le plus simple, même pour le parking. Alors qu'on arrive, on ne sait pas trop de quel côté ont doit se garer : français ou suisse ? Sauf que pour aller en Suisse, il faut prendre l'autoroute et donc la vignette… Oups, nous voilà engager. Heureusement il n'y a personne à la douane et on peut faire demi-tour un peu plus loin. Prendre l’avion est déjà un stressant comme ça (être à l’heure, le poids des valises…), on aurait pu se passer de ce stress supplémentaire.
Il se trouve que dans l'aéroport, un simple guichet au milieu d’un hall sépare les deux côtés et il n'y a personne pour surveiller les allées et venues. Vive l'espace Schengen ! Quand on arrive au guichet pour enregistrer nos bagages, on stresse encore plus : pourquoi il y a autant de monde ? On n'a jamais eu à faire la queue aussi longtemps pour déposer notre bagage ! On prend notre mal en patience tout en regardant la montre. Ça devrait aller. Au comptoir on nous demande si aucun appareil électronique ne se trouve dans la valise. On répond que non mais par curiosité on demande si c’est un problème. Oui, raison de sécurité car ça peut prendre feu. Et dire que les États-Unis regardent pour nous obliger à les mettre en soute. Il n'y a pas comme une contradiction là ?
Il est temps de passer la sécurité et à force on est habitués. Veste, ceinture, portable, ordinateur… Mais cette fois je dois aussi ouvrir mon sac photo pour le faire passer aux rayons-X. C'est nouveau ça.

Une fois de l'autre côté, on se dirige vers notre porte d'embarquement mais en chemin il faut d’abord faire un stop pour montrer notre passeport. On finit par embarquer avec un peu de retard mais on arrivera en avance ! Les sièges sont modernes et fins ce qui nous permet d'avoir une bonne place pour les jambes. Je pense à mettre ma montre à l’heure d’arrivée tout de suite et le vol passe assez vite. On aura vu quelques avions très proches du nôtre pendant le vol, dont un qui nous a coupé la route quelques secondes avant qu’on ne passe. Ils calculent bien leur coup… Enfin, j’espère.
Alors qu'on s'approche d'Édimbourg, on a déjà le droit à des paysages splendides avant même d'avoir mis les pieds au sol. Ça commence bien !

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Comme d’habitude, tout le monde commence à se lever en vitesse pour être le premier à récupérer son bagage cabine et sortir de l’appareil. Malheureusement pour eux, le comandant de bord nous explique que, pour je ne sais quelle raison, on n’est pas où on devrait être et qu’il faut patienter pour que les bus viennent nous chercher. On attendra de longues minutes : nous assis, quand beaucoup d’autres sont debout.

Dans le bus qui nous emmène au terminal, on voit une affiche : si vous êtes citoyens du Royaume-Uni ou de l’Union Européenne, que vous avez plus de 18 ans et que vous avez un passeport (et pas simplement la carte d’identité), vous pouvez passer par le "e-passeport". On se dit qu’on va tester. Ce n’est plus un agent qui vérifie notre identité mais une machine. On doit poser le passeport à plat, garder sa main dessus sans bouger et regarder dans un écran qui scanne notre visage. Pour ceux qui portent des lunettes, pensez à les enlever. C’est ce qui bloquait pour nous. Finalement, la lumière verte s’allume !

Après avoir récupéré notre valise, Stéphane veut retirer de la monnaie mais il ne reçoit que le reçu, pas de billets… Pareil pour les touristes suivants. On essayera un peu plus loin. Avant de sortir, on achète de quoi manger pour midi : sandwichs, chips, boisson. En faisant les comptes plus tard, on s’apercevra que la caissière à ajouter un journal (£2 quand même…). Une première arnaque pour faire gonfler la facture de pauvres touristes ?

Nous qui sommes habitués aux navettes des loueurs de voiture lors de nos précédents voyages, on est un peu surpris qu'il faille marcher jusqu’aux parkings. Mais allez, ça nous dégourdit les jambes après ces deux heures dans l’avion.
En entrant dans le hall qui regroupe les différents loueurs, on se dirige vers Europcar, où une dame nous accueille. Elle nous montre la borne où il faut sélectionner sa réservation (via Easyjet, Europcar…) puis indiquer notre nom avant qu’on ne reçoive un ticket numéroté pour attendre notre tour. On se rend compte que son accent est déjà compliqué à comprendre. Qu’est-ce que ça va être au guichet… !

C’est notre tour. On a la chance de tomber sur un agent très sympathique mais qui a également un sacré accent… Quand il voit notre passeport, il dit quelques mots en français suivit de "That's all the French I know!" en rigolant.
On a réservé une petite voiture, manuelle de type Ford Fiesta. Sur place, on demande si par hasard, ils n’auraient pas encore une automatique sous le coude. On se dit que ça sera quand même plus simple. Conduire du côté gauche n’est déjà pas une chose facile, si on pouvait se passer du levier de vitesse ça nous arrangerait; enfin surtout Stéphane, moi je ne serai que passagère. Stéphane pourra se concentrer sur la route et profiter un peu plus des paysages s’il n’a pas toujours besoin de s’occuper des vitesses.

Il va se renseigner et revient avec une clé. Stéphane et moi échangeons un regard surpris et un sourire. Une étoile orne le porte-clé. Oui, nous allons conduire une Mercedes-Benz, classe A. Prendre une automatique signifie être dans la catégorie supérieure. On le savait et finalement c’est une bonne chose : plus confortable, plus de place pour les bagages dans le coffre… Il nous explique d’ailleurs que demander au comptoir revient moins cher que de réserver tout de suite une automatique sur internet. Il prend le temps de nous expliquer et nous donne quelques chiffres, qu’il inscrit sur une feuille pour être sûr qu’on comprend bien. Il en fait de même avec la franchise. On a trouvé ça très bien. Au moins, il n’y a pas de malentendu. Selon lui, c’est £16 en plus par jour en demandant une automatique au comptoir, au lieu de £50. Il faut dire qu’en aillant eu la facture, avec en plus une assurance 24h/24 on arrive à un tarif équivalent, voire moins cher que le prix proposé par EasyJet, qui lui-même était déjà bien inférieur au prix du site internet d’Europcar. Je pense effectivement que c’est une bonne idée de demander au comptoir en arrivant. Le risque, surtout en pleine saison, c’est qu’il n’y en ait plus de disponible…
En remplissant la paperasse habituelle, il nous demande si c’est la première fois qu’on vient et espère qu’il y aura un peu de "sunshine" pour nous accompagner. Il a du mal à lire l’emplacement de la voiture indiqué sur la clé et préfère donc nous accompagner sur le parking pour être sûr qu’on la trouve. En sortant, il montre le ciel bleu : "See ? Sunshine. It’s a heatwave !" Oui pour eux c’est sûrement une vague de chaleur vu la météo. Elle nous convient très bien : pas trop chaud, pas trop froid, du soleil…
Il traverse le parking avec nous en appuyant sur la clé tout en regardant les voitures autour. Laquelle va s’ouvrir ? On tombe enfin sur la bonne. Il nous souhaite un "bon voyage !" en français en nous remettant la clé.
On fait le tour de la voiture et on remarque quelques rayures qui ne sont pas notées sur la feuille. On demande à un agent d’Europcar qui nous explique qu’elles ne sont pas assez profondes pour être mentionnées. Je les prendrai quand même en photo, au cas où on nous reprocherait quelque chose lors du retour.

Elle a les sièges en cuir, plein d’espace pour les jambes, la caméra de recule, de la place pour la grosse valise et les sacs dans le coffre… On va être bien dans cette voiture ! On se prépare : accrocher le support GPS, brancher les câbles pour les téléphones (dont le GPS), avoir la carte papier et le roadbook sous la main, ainsi que mon appareil photo et notre feuille de rappel pour ne pas courir à la catastrophe et nous rappeler tous les jours qu’ici les routes sont comme dans un miroir : inversées !

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Il est l’heure de prendre la route. Le GPS est lancé, c’est parti. On sort du parking et ça fait déjà drôle de rouler à gauche. En plus on arrive tout de suite sur un rond-point : il faut penser à le prendre "à l’envers" et à regarder à droite pour pas se faire emboutir par une autre voiture. Mon job de co-pilote sera de dire : "attention à droite !" à tous les ronds-point jusqu’à ce que l’habitude s’installe.

On ne prend pas tout de suite la direction d’Édimbourg mais on commence par aller vers le sud, direction Rosslyn Chapel. On laisse le centre ville pour plus tard, la conduite est déjà assez stressante comme ça et très vite Stéphane est bien content d’avoir finalement choisit une automatique. C’est déjà assez déconcertant comme ça : les rétroviseurs ne sont pas "à la bonne place", les bretelles d’insertion sont dans l’autre sens… On emprunte des routes de campagne bien sympathiques et le soleil est avec nous pour l’instant, on a de la chance.

Avant de faire la visite, on mange notre casse-croûte sur l’herbe, près du parking, en cherchant un coin d’ombre parce qu’au soleil ça tape un peu. Rosslyn Chapel ? Le nom vous dit peut-être quelque chose. Si vous avez lu ou vu Le Da Vinci Code, c’est normal. C’est d’ailleurs grâce à la somme d’argent récupérée par le tournage du film et l’explosion du nombre de visiteurs qu’ils ont pu rénover l’édifice dès 2007. Le lieu est reconnaissable tout de suite mais beaucoup plus petit que ce qu’on pourrait imaginer. En taille, elle me fait penser à l'église du village de mes grands-parents... En fait, le bâtiment n’a jamais été fini puisque son dessinateur, William Sinclair, est décédé pendant sa construction. Des fondations ont été retrouvées 20 mètres plus loin, preuve supplémentaire qu’elle aurait dû être bien plus grande. Petite certes, mais très belle, surtout sous ce soleil.

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À l’intérieur, une dame est en train de donner des explications à une cinquantaine de touristes assis sur les bancs. Avec le monde qui entre et sort et son accent à couper au couteau, ce n’est pas toujours simple de comprendre les explications. Une chose est sûre, elle est passionnée ! Les photos à l’intérieur sont interdites. On est surpris de voir un tel manque de symétrie. Aucune colonne n’est similaire, aucune gravure non plus. On peut faire le tour tranquillement et même descendre dans la crypte (va t’on trouver les restes de Marie Madeleine ?). L’escalier est sacrément raide mais le deuxième escalier avec la crypte qui rassemble les documents n’existe pas… Zut alors, ils nous auraient menti !

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On sort ensuite de l’enceinte pour essayer d’en faire le tour complet sur un petit chemin et de trouver l’endroit où Sophie essaye de marcher sur l’eau à la fin du film mais impossible de le trouver. Bizarre, j’en avais vu des photos. Peut-être est-ce dans la partie en travaux… Cela dit, de l’eau, on va en trouver. Elle va même venir à nous… On sent des gouttes et on voit clairement la grosse averse arriver droit sur nous. On finit la petite promenade au pas de course pour se réfugier dans la voiture. Ça promet. Si la météo est toujours comme ça, on va rigoler. On est bien en Écosse ! Cinq minutes plus tard, le temps de regarder la carte, et l’averse est terminée. Tout est maintenant illuminé par le soleil. "Si tu n’aimes pas la météo, attend cinq minutes"; ici ce dicton prend vite tout son sens.

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On continue la route direction North Berwick, une petite ville à l’est d’Édimbourg que j’avais notée. On emprunte la Coast Route pour s’y rendre parce que c’est quand même plus sympa de passer le long de l’eau. On fait quelques petits arrêts dont un sur un parking qu’on emprunte à l’envers (enfin pour eux, pour nous c’est à l’endroit…!). On se rend compte qu’il fallait payer en voyant le panneau juste en face de nous "Pay & Display". De vrais touristes ceux-là ! Stéphane fait le tour (dans le bon sens cette fois) pendant que je marche le long de l’eau pour prendre quelques photos avant de le rejoindre pour repartir.

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Quelle bonne surprise quand on arrive à North Berwick ! C’est un très joli village en bord de mer, ou petite ville, ici on ne sait pas trop. Après avoir trouvé une place de parking, on marche sur la plage. Il y a la mer, une plage, du soleil… Et on remarque tout de suite la différence entre les Écossais et les touristes : il y a beau avoir du soleil, il fait quand même un peu frais ce qui n’empêche pas les Écossais d’être en T-shirts… Nous, on est en K-way. On remarque un énorme rocher au large qui est extrêmement clair. On apprend un peu plus tard que c’est en raison des nombreux mouettes et goélands qui y ont trouvé refuge.

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On marche jusqu’au Scottish Seabird Centre puis on continue notre promenade sur les rochers où un chemin est aménagé. Le vent souffle fort et il y a de sacrées vagues qui viennent se cogner contre les rochers. C’est magnifique et le paysage nous rappelle la Bretagne. On est sûrement en train de se prendre les premiers coups de soleil mais on ne le sens pas à cause du vent et de toute façon la crème solaire est dans la valise (et y restera toute la semaine).

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On décide de revenir vers la voiture en passant par les rues du village, parfois bien colorées, avec aussi ces petits bars-restaurants bien typiques. Un gros nuage noir approche dangereusement. On arrive à la voiture quand de grosses goutent tombent. Le timing est parfait. On commence à s’habituer à la météo changeante.

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Après avoir regardé un peu la carte, on décide de continuer vers l’est : il y a un golf un peu plus haut et quand on y arrive, on découvre avec plaisir un parking et un petit chemin sur la colline qui offre une vue splendide sur la plage et sur le village. On y reste un bon moment, à attendre que le soleil illumine le bord de mer. Au loin, clairement certains sont en train de se prendre la saucée.

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Il est temps de reprendre la route vers la capitale. En arrivant à Édimbourg, la conduite est tout de suite plus sportive : il faut faire attention aux dizaines de panneaux, à rester bien à gauche, à prendre la bonne file pour tourner. C’est là qu’on se fait une grosse frayeur : il y a plusieurs directions à un carrefour et bien qu’on prenne la bonne, on atterrit sur les mauvaises files ! Deux voies viennent en face, c’est un sens interdit pour nous. On a pas vu que la route partait vraiment tout à gauche. Nous voilà au milieu du carrefour. Les voitures derrières nous passent à notre gauche, on en a qui arrivent en face. Petit coup de panique avant d’arriver à faire marche arrière pour reprendre la bonne voie. Merci l’automatique et à partir de maintenant, keep left !

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On doit descendre une sacrée pente pour arriver au parking de l’hôtel. Mais ce n’est pas évident de se garer. On n’est même pas sûr que ça fasse vraiment partie de l’hôtel… Et je ne me souvenais plus que le parking était payant. On va faire le check-in. L’accueil par le réceptionniste est correct mais sans plus non plus. Il nous explique que pour la parking, il faut payer à la borne, comme quand on stationne dans la rue puis revenir faire tamponner le ticket. C’est £5 par jour. On est dimanche soir, en mettant £7 on voit que ça nous couvre jusqu’à mardi soir, or on part mardi matin. En voyant le ticket, le réceptionniste nous dit qu’il faut mettre £10. Je lui explique que d’après la date et l’heure indiquées, ça suffit. Il finit par laisser tomber, "Yeah, don’t worry" dit-il en tamponnant le ticket. Deuxième arnaque ? On ne sait pas trop. Il ne donne aucune information supplémentaire, notamment sur le hall où il y a une sorte de cafétéria. Bref, on n’en demande pas plus et on va prendre possession de notre chambre après avoir parcouru le labyrinthe qui sert de couloir.

Lorsqu’on a payé l’hôtel avec la carte, on avait le choix entre payer en euros ou en livres. On se rendra compte plus tard que payer en euros était une erreur. Le taux de change n’est absolument pas intéressant par rapport aux frais bancaires engendrés par un paiement en livres sterling.

Ce soir, on ne se casse pas la tête : direction le McDo sur Princes St dans le centre d’Édimbourg. La ville a l’air calme. On s’approche du centre, puis on entend pas une, ni deux mais trois sirènes d’ambulances. Sur le coup on espère qu’il n’y a rien de grave, par ces temps-ci on ne sait jamais…
En arrivant au McDo, on est rassurés : il y a des bornes ! On se serait mal vu commencer direct le premier soir à essayer de commander. Parce qu’entre leurs accents et le nôtre… On y serait encore. Bien que ce soit sur place, elle nous donne le repas dans un sachet : après une certaine heure, ils ne font plus de plateaux. Ça nous étonne mais ça nous est égal. Tant qu’on peut manger, on n'est pas difficile… En plus, on a une très belle vue sur le célèbre château d'Édimbourg. On finit ensuite par une balade à pieds pour revenir à l’hôtel. Demain, on aura le temps de visiter la ville. Malheureusement, sous une météo un peu plus humide.