États-Unis 2017

Direction la côte ouest

Direction la côte ouest

J-1, c’est bientôt l’heure du grand départ. Les valises sont faites. On a tout préparé le week-end précédent étant donné qu’on travaille jusqu’à la veille du décollage, qui se fait un vendredi. En rentrant du travail, il est l’heure de faire l’enregistrement en ligne sur le site de Lufthansa. Du moins j’essaye… La page ne charge pas. Puis la page "est indisponible". Ça commence bien ! Le site a clairement un problème puisque j’essaye plusieurs fois sans succès. Nos places sont déjà choisies et réservées depuis l’achat des billets, ce n’est donc pas urgent mais ça ajoute un petit stress inutile.

Je réessaye quelques minutes plus tard et j’arrive enfin à accéder à l’enregistrement ! Mais les ennuis ne sont pas terminés : impossible de récupérer la carte d’embarquement de Stéphane. Si ça continue, je vais devoir partir toute seule… Je décide de téléphoner directement à Lufthansa. Il semble que "pour des raisons de sécurité, pour les vols vers les États-Unis, certaines cartes d’embarquement sont bloquées et doivent être retirées directement à l’aéroport : aux bornes ou au comptoir." Je me suis prise la fouille aléatoire en 2011, il se prend la carte d’embarquement bloquée : disons qu’on n'a pas de bol !
Le soir-même, on ferme les bagages pour de bon. Ma valise ne fait que 15 kg alors qu’on peut en prendre 23. Étrange cette légèreté ! Aurait-on oublié quelque chose ?

Jour J. Je me réveille sans réveil ce matin. Ce n’est pas compliqué étant donné la mauvaise nuit que j’ai passée. Le nez bouché, mal à la gorge… Me voilà debout avant 7h pour me rendre chez le médecin. Je me dis qu’il vaut mieux consulter avant de partir. J’entre dans son cabinet à 8h, on est censés partir pour l’aéroport à 8h30…. Verdict : rhinopharyngite. Je n’ai rien à payer pour la consultation, "pas comme aux États-Unis" me dit le médecin en rigolant. Effectivement, mieux valait consulter avant, c’est plus économique ! Mes médicaments sous le bras, j’ai à peine le temps d’avaler un petit pain en rentrant que les valises sont déjà dans le coffre de la voiture. Direction l’aéroport de Francfort pour ce voyage qu’on attend depuis si longtemps.

Notre première mission est de s’assurer que Stéphane puisse faire partie du voyage en allant enfin imprimer sa carte d’embarquement. Ouf, il a effectivement le droit d’embarquer ! Une fois ce dernier imprévu d'écarté, on va enregistrer nos bagages. Tout est automatique. On le fait nous-même : entrer les informations, peser le sac, accrocher l’étiquette. Sur le moment j’ai un doute : l’étiquette était-elle assez collée ? Le sac n’est pas passé du bon côté pour que le laser lise le code-barre correctement... J’espère qu’il arrivera à destination.

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On fait un dernier tour dans le terminal avant de rejoindre le hall Z pour un premier contrôle d’identité avant la sécurité. Je passe sans problème mais décidément ils en ont après Stéphane qui est informé qu’il a été sélectionné pour un contrôle aléatoire. Il doit donc suivre un employé de l'aéroport pour un contrôle renforcé.

L'employé est d'origine égyptienne et parle plutôt bien le français. Ils discutent un peu et il lui explique qu'il a fait ses études au Caire et que c'est là qu'il a appris notre langue. Il demande à Stéphane où il se rend et lui explique que les contrôles renforcés sont en place pour les vols vers les États-Unis par mesure de sécurité. Il vérifie son passeport et son billet d'avion, puis ils se dirigent ensemble vers une partie spéciale du contrôle de sécurité. Ça ressemble à un contrôle normal sauf que le scanner est différent, peut-être plus évolué. La fouille complète est obligatoire avec nécessité de retirer les chaussures, puis palpation des pieds et des jambes.
Les bagages sont tous ouverts et les agents de sécurité passent un produit à l'aide d’une lingette sur l'ensemble des sacs. Une attention particulière est portée aux appareils électroniques et notamment à son MacBook sur lequel les agents passent une lingette imprégnée d'une substance de détection. Tout l'ordinateur y passe : dessus, dessous, écran et clavier, avant qu’ils ne mettent la lingette dans une machine pour voir le résultat. Au final, rien à signaler, les agents sont souriants et blagueurs. Ils lui disent plusieurs fois en plaisantant que les gâteaux qu'il a dans la valise sont interdits. Mais tout est bon et il me rejoint enfin à l'entrée du Duty Free pour nous diriger à la porte d’embarquement. Y aura-t-il encore un obstacle à franchir pour embarquer définitivement dans cet avion ?

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Petit détail, pour une fois je suis en jogging et baskets. Stéphane fait une étape de changement de pantalon pour faire de même. Parce que 11h30 de vol, faut pas déconner, on a aussi le droit à un petit peu de confort. On ne regrettera pas ce choix, bien au contraire ! Et on en fera de même au retour. Peu importe le look, pour un vol aussi long on préfère maintenant privilégier le confort.

Vient l’heure du décollage… l’un des plus mouvementés qu’on ait vécu, et c’est mon quinzième et le quatorzième de Stéphane. Notre Boeing 747 vibre bien plus que d’habitude : la carlingue bouge de droite à gauche au moment de quitter le sol et vu notre place tout à l'arrière, on ressent très bien ces mouvements… Les compartiments à bagages font un boucan avec toutes ces vibrations, à croire qu’ils vont s’ouvrir et déverser tous les bagages sur le sol. Sur le coup, on n’est pas très rassurés. Puis vient l’annonce du commandant de bord, en allemand. Ja, ja… On ne comprend que "Kaffee und Tee". Bon, il semble qu’il n’y ait rien d’alarmant alors !

Très vite, on nous sert effectivement du café, du thé ou autre collation avec des salés comme apéritif avant le repas chaud, d’une qualité très correcte. Nous voilà proche de l’Islande. L’arrivée au-dessus de l’île est délicate. Juste après manger, toutes ces turbulences ne sont pas des plus agréables et ça n’aide pas vraiment à digérer !

Je reste sur ma faim avec le survol de l’Islande que j’attendais pourtant impatiemment, mais qui, recouverte de nuages, n’offre pas de vues très intéressantes. Ma déception s’envole à toute vitesse quand on arrive au-dessus du Groenland, autre survol que j’espérais. La trajectoire est parfaite : elle passe bien au-dessus des terres. Quel spectacle fascinant et grandiose ! C’est sincèrement l’une des plus belles choses que j’ai pu voir jusqu’à maintenant. Ces étendues glacées à pertes de vue, ces pics qui les transpercent de temps à autres, ces icebergs qui flottent près des côtes et ces glaciers qui se jettent dans l’océan… Les photos ne peuvent pas retranscrire la beauté de ces paysages. Je pourrais supporter un autre vol aussi long rien que pour ce moment-là !

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Alors qu’il y a encore de magnifiques sommets à admirer, une hôtesse me demande de fermer le volet du hublot, au moins à moitié, pour assombrir la cabine. Non mais sérieusement ? Grrr, j’en suis frustrée.
On passe le temps comme on peut mais étant malade, je n’arrive pas à dormir et le vol me parait long, surtout avec le hublot fermé ! Après plusieurs heures, le passager assis devant moi ouvre son volet, j’en fais de même. Quelle surprise ! On a maintenant le droit à des paysages qui semblent déjà désertiques, pourtant nous sommes encore bien au nord. On survole ensuite des chaines de montagnes aux sommets enneigés alors qu’on traverse les Rocheuses et qu'on passe au-dessus de Salt Lake City. Le spectacle est magnifique. Et dire que nous ne sommes que trois dans cette partie de l’avion à y assister et à en profiter.

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Les formes au sol sont fascinantes et ressemblent à des peintures. Une faille gigantesque est très bien visible. Elle semble continuer à perte de vue. Difficile de réaliser que nous allons pouvoir profiter de ces endroits dans les prochains jours… Pour l'instant, j'en profite déjà pleinement depuis mon siège.

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Las Vegas, notre prochaine étape du voyage, est juste là, sous nos pieds. Dire que demain, il faudra refaire le chemin qu’il nous reste jusqu’à Los Angeles en sens inverse en voiture… On reconnait le Las Vegas Speedway, l’ovale qui accueille notamment les courses de NASCAR. Oui, on est toujours fans ! On aperçoit aussi les grands hôtels et l’aéroport de la ville. Plus au sud, la vue sur le barrage Hoover laisse penser qu’il est gigantesque. On ira vérifier ça par nous-même dans quelques jours. Malheureusement je n’aurai pas le temps de prendre une photo.
Alors qu’on continue vers l’ouest, la centrale solaire d'Ivanpah brille au milieu du désert. Il s'agit d'une centrale solaire thermodynamique composée de trois tours solaires sur lesquelles se réfléchissent 173 500 miroirs ! Il faut dire que dans le coin, le soleil ne manque pas.

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Il reste environ 1h30 avant l’atterrissage quand on reçoit le repas chaud du soir puis une serviette chaude. Le paysage commence à devenir reconnaissable, notamment ces montagnes que l’on va traverser dans quelques jours. Puis on découvre avec stupéfaction, l’étendue de la ville de Los Angeles. "Ah oui, quand même…" Les rues et les habitations n’en finissent pas ! Le downtown et ses gratte-ciels apparaissent et on distingue même le célèbre panneau Hollywood sur une colline. Même sans visiter la ville, on pourra dire qu’on l’a vu !

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Alors qu’on a décollé avec quarante minutes de retard, nous arrivons avec quarante minutes d’avance. Cool, on a gagné 1h10 de temps de vol. Malgré ça, il m’a semblé bien long. Au contraire, Stéphane, qui appréhendait un vol aussi long, a trouvé que ce n’était pas si horrible en fin de compte. Au sol, il y a comme un épais brouillard sur toute la région de l’aéroport. Bizarre…

La sortie de l’avion se fait étonnamment très rapidement. Un 747 vidé de ses passagers en quinze minutes… On est impressionné. C’est bien plus rapide que dans d’autres appareils plus petits qu’on a pu prendre par le passé.
Le passage à l’immigration a bien changé depuis notre dernière venue en 2014 : on passe cette fois sur des bornes automatiques. Sur cette machine, il faut scanner son passeport, se faire prendre en photo et scanner ses empreintes. Le prénom et le nom de famille sont inversés mais un agent d’immigration nous dit que ça ne fait rien. S’il le dit… On prend notre petit papier et un autre agent nous indique dans quelle file d’attente aller quand on lui répond qu’on est deux. Ouf, on évite l’énorme queue qui attend à d’autres guichets. En cinq minutes c’est plié. "Vous restez combien de temps ?" et "Vous ne faites que voyager ?" sont les deux seules questions auxquelles on a le droit et ça nous suffit amplement.

L’organisation est une caractéristique des Américains. Il y a toujours quelqu’un pour nous guider dans l’aéroport, que ce soit à l’immigration, aux bagages… Il faut optimiser ce flux de passagers voyons ! Le temps de passer aux toilettes et nos bagages sont là en deux minutes. Il y en a déjà des dizaines qui sont posés à côté du tourniquet. Mais quelle efficacité à LAX ! Nous qui pensions perdre une heure rien que pour passer l’immigration, finalement, une heure après avoir touchés le sol, nous voilà dehors après avoir franchis la dernière étape : la douane.
Là par contre, la file était beaucoup plus longue. Mais malgré un A380 de Korean Air et un autre d’Air France arrivés quelques minutes avant nous, ça va finalement très vite grâce (encore une fois) à l’organisation incroyable propre aux Américains. "Stay in line! Three lines here! Stay in line!"

Il y a par contre beaucoup plus de monde que d’habitude qui attend la navette Alamo pour se rendre à la location de voiture. Le chauffeur est une femme et doit se faire entendre pour organiser le flux de passagers. "Hold on! One family at the time!". La conduite est tout aussi sportive. À première vue, il semble que LA soit le Paris des États-Unis. Oh des palmiers ! On n’arrive toujours pas à réaliser qu’on est sur la côte ouest. Il y a des choses qui sont familières (panneaux, voitures…) mais il y a un vrai décalage par rapport aux voyages précédents. On ne sait pas vraiment l’expliquer…

Quand on arrive sur le parking d’Alamo, il n’y a qu’à aller choisir la voiture qui nous convient dans la catégorie qu’on a réservée (Midsize SUV) sans avoir besoin d’aller au comptoir pour dire "non" à toutes les propositions d’assurances : merci au système "Skip The Counter" !
Et là, ça se complique. Il y a du monde et bizarrement peu de choix. Pour une agence Alamo, à l’aéroport qui plus est, ça nous surprend. Les modèles présents ne nous plaisent pas vraiment (enfin, surtout à Stéphane, là c’est son domaine). On finit par en voir un qui nous plait mais un couple d’asiatiques semble l’avoir choisi après l’avoir comparé avec un autre garé plus loin. Il ne reste que des petits, de type Jeep Renegade. Il n’y a pas énormément de place que ce soit pour nous ou pour les bagages. Avant de venir, Stéphane avait repéré les Nissan Rogue. Mais il n’y en a plus sur le parking… On a le choix entre un Ford Escape et des Jeeps. Ça nous agace un peu et la fatigue n'arrange rien.
Quand il voit que des employés sont en train de ramener des voitures fraîchement nettoyées, Stéphane décide d’attendre au lieu de prendre le premier SUV venu. Puis au bout de quelques minutes, un Nissan Rogue ! On saute dessus (ou plutôt dedans…). On fait quelques vérifications rapides mais il nous convient et malgré le manque de plage arrière pour cacher les bagages, il a des vitres bien teintées qui feront l’affaire. Ce sera bien celui-ci qui nous accompagnera pendant ce voyage.

On prend la route pour rejoindre notre hôtel qui est à cinq minutes à peine. Des voitures nous dépassent par la gauche pour aller jusqu’au croisement un peu plus loin mais nous on doit tourner à gauche pour rentrer sur le parking… Est-ce qu’on peut aller dans cette voie ? Est-ce qu’on peut traverser cette double ligne jaune ? Que de doute et d’appréhension en reprenant le volant chez eux. Allez, on se dépêche, ni vu, ni connu, nous voilà sur le parking.
En le voyant du côté d’où l’on vient, le Travelodge de LAX ne paie pas de mine mais l’entrée nous rassure un peu. Une fois le parking payé (11$) et la clé récupérée, on se rend dans la chambre où je m’allonge quelques minutes. Il est 3h30 du matin pour nous, 18h30 ici. Il fait déjà presque nuit.

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Entre mon nez bouché et mon mal de gorge, je suis KO. Mais après quelques minutes de repos, on se remet en route, direction Dockweiler Beach pour voir l’océan Pacifique. On est si proches, ce serait bête de ne pas aller le voir ! En chemin, les couleurs sont magnifiques. Il y a dans le ciel cette couleur orangée qui nous semble tellement typique de la Californie. On arrive alors que le soleil est déjà couché mais la vue des silhouettes des montagnes sur ce fond orangé avec l’océan Pacifique devant nous est splendide. Ce voyage commence bien et nous offre déjà un très beau spectacle !

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On fait un stop à l’Apple Store de Manhattan Village. Leurs centres commerciaux sont toujours aussi classes. Stéphane est à la recherche d’un iPhone 8 sorti récemment qui pourrait nous être bien utile pour filmer le voyage, malheureusement il n’y a plus la capacité qu’il souhaitait. Le modèle restant est plus cher, bien que toujours moins cher qu’en France… Dommage, on tentera notre chance ailleurs.

Je suis sur les rotules mais on passe encore à Bank of America pour retirer du liquide (sans frais grâce au compte que Stéphane a ouvert chez HelloBank), puis au supermarché Target. Allez, on se motive ! Ce sera ça de moins à faire demain matin. Aller faire ses courses à 5h du matin, quelle idée ! Ah non, ici il n’est que 20h…
On fait donc des provisions pour les jours à venir en commençant par une glacière en polystyrène qui nous sera bien utile pendant tout le voyage. De quoi piqueniquer, des chips (ils n’ont toujours pas de petit paquet par ici ?!), de quoi boire, du lave-vitre pour la voiture… On a même ramené notre sac de courses de France, pour avoir de quoi ranger tout ça dans le coffre (ça c’est de l’organisation !). On montre le sac au caissier pour lui prouver qu’il est vide, comme on le fait chez nous, mais au lieu d'acquiescer, il nous prend le sac pour le remplir lui-même après avoir scanné nos articles. Okay, merci bien !

Il est enfin temps d’aller se coucher. En revenant à l’hôtel, je m’endors presque directement. Stéphane repasse sur le roadbook pour la journée de demain mais je suis déjà au lit et je l’entends à peine, à vrai dire il me réveille quand il me parle. Je confirme à moitié réveillée ses dires pour le trajet de demain. Il est 6h30 du matin pour nous. Je me suis levée il y a plus de 24h… Il est temps de fermer les yeux.

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